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Yveline Tropea

La démarche

Un matériau de fête pour des sujets qui n’en sont pas

Les tableaux d’Yveline Tropea sont entièrement composés de perles de rocaille : des perles de verre de deux à trois millimètres, posées une à une. Une œuvre demande des mois.

Le procédé n’est pas décoratif, il est structurel. Les perles ne sont jamais posées en grille : chaque rang suit le contour de la forme et s’enroule vers l’intérieur, si bien qu’un aplat finit par ressembler à une carte de relief. Chaque figure est refermée par un rang de perles noires, posé en dernier, comme le plomb d’un vitrail. Rien ne flotte.

La couleur, elle, ne tient jamais en une seule teinte. Un aplat « rouge » mobilise cinq nuances voisines. Ce léger désaccord est ce qui fait vibrer la surface ; un aplat parfaitement uni sonnerait faux.

Restent les sujets. Un char aux roues de crânes, des enfants soldats, une chute. Le décalage entre la douceur du matériau et la dureté de ce qu’il représente n’est pas un effet : c’est le propos.